Annie Ernaux habite depuis longtemps à Cergy, ce qui nous encouragés à écrire une critique sur ce livre intitulé La Place ,paru en 1983, un de ses ouvrages les plus connus.

Elle nous parle de la carrière professionnelle longue et variée de son père, qui commence en tant qu’ouvrier et finit tenancier d’un café. Mais tout au long du récit, elle raconte aussi sa jeunesse et décrit son origine sociale.

La Place nous montre que le milieu social ne consiste pas seulement  en des biens matériels, mais aussi en une manière de parler, d’être, de réagir. Le père de l’auteur devait travailler tous ces points pour le regard des autres, et pour cela, Annie, qui a fait des études poussées et est cultivée, le méprisait, avait un peu honte de lui. Lui considérait qu’il avait réussi à donner à sa famille une vie meilleure que celle qu’il avait eue. Sa vie avait été compliquée, il avait été élevé dans une famille nombreuse, avait perdu  son premier enfant, avait eu des périodes difficiles de son commerce …

Après avoir travaillé en tant qu’ouvrier, avec sa femme il va ouvrir un petit café-épicerie qui ne sera pas de tout repos à cause de la guerre, de l’arrivée des grandes surfaces.Ils ont sacrifié beaucoup de temps et d’énergie à ce projet.

Annie méprise ses parents au début de son livre mais peu à peu, en retranscrivant la vie de son père, elle comprend leurs actions qui lui ont permis de faire ce qu’elle voulait, contrairement à la plupart des autres jeunes filles de son âge, qui commencaient à travailler dès qu’elle le pouvait, pour aider leurs parents financièrement.

Le titre de l’ouvrage, La Place, fait référence au lieu géographique où etait situé le café des parents de l’auteur, mais aussi à la place de chacun dans la société. Les parents ont le sentiment de l’avoir gagnée grâce à leur café, mais qu’Annie dénigre par rapport à ce qu’elle a atteint.

 

Ce livre est une biographie mais aussi une œuvre sociologique.  Il est d’une lecture sobre et facile.

Joanne, Sarah et Esther